L'HISTOIRE DU CAFÉ DE TROISIÈME VAGUE

De nos jours, n’importe qui peut entrer dans un café et commander un impeccable latte, choisir son origine ou son mélange et son type de lait. Mais notre rapport avec le café et sa façon d’être consommé ont longtemps évolué avant d’arriver à ce qu’on connaît aujourd’hui. 

Cette évolution est souvent décrite en « vagues » : première, deuxième et troisième, et on parle même maintenant d’une quatrième vague, que chacun désire s’approprier. Prêts pour un petit voyage dans le temps?

LA PREMIÈRE VAGUE : LE CAFÉ COMME OUTIL (1950 - 1970)

Au début des années 1900, le café est principalement utilisé comme un outil permettant de se réveiller et d’avoir un gain d’énergie le matin. Ce sentiment est d’ailleurs accentué lors des deux guerres mondiales, où les soldats étaient parfois bourrés de cette boisson pour rester éveillés dans les tranchées.

C’est dans cet esprit que le café instantané a été développé. On priorisait l’aspect pratique et rapide à l’aspect gustatif, contrairement au thé, qu’on prenait souvent le temps de bien savourer. Un café rapide, peu cher et accessible, c’était parfait dans les temps de crise et de montagnes russes qu’était le milieu du 20e siècle.

Le café était aussi tout à coup produit en quantité industrielle, ce qui a résulté en une baisse rapide de la qualité.

DEUXIÈME VAGUE : LE CAFÉ COMME PLAISIR (1970 - 2000)

C’est dans les années 1970 que la tendance s’inverse, notamment grâce à des entreprises comme celle de la-sirène-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom (oui, on l’a dit!).

Starbucks et plusieurs petits cafés de l’époque ont introduit l’importance du goût et de la provenance du café dans la culture populaire, créant un intérêt autour de cette nouvelle vision. Pour répondre à cette demande, les cafés introduisent de nouvelles boissons, et les lattes, cappuccinos et mokas envahissent rapidement les comptoirs. Le café n’est donc plus seulement un outil, c’est aussi un moyen de se gâter, de se faire plaisir, à l’instar d’une bonne tasse de thé.

C’est aussi à cette époque, vers la fin du siècle, que le latte art fait son apparition, tout juste créé à Brooklyn.

TROISIÈME VAGUE : LE CAFÉ COMME ART (2000 - AUJOURD'HUI)

Il est difficile de mettre exactement le doigt sur ce qu’est la troisième vague, les sources se multipliant et se contredisant de plus en plus. Tentons d’y voir plus clair. 

Ce n’est qu’à partir de 2002, à la suite d’un mouvement issu de Portland, que le café prend la place qu’on lui connaît aujourd’hui, au sein de notre société. Ce mouvement revendiquait le besoin de reconnaître le café comme un produit complexe, artisanal, dont les origines sont aussi importantes que la méthode d’infusion. Des experts apparaissent, les baristas, et ressemblent de plus en plus aux sommeliers.

À la manière du vin et de ses cépages, on cherche de plus en plus à savoir la façon de torréfier, l’origine et le mélange du café. Une tasse de café dans un coffee shop devient donc aussi précise et élaborée qu’une assiette dans un bon restaurant.

La troisième vague passe aussi par un retour au café filtre : bien exécuté, mettant en valeur des origines et des régions, on peut l’apprécier tout autant qu’un bon latte.

De simple outil, le café a donc su s’élever et s’adapter pour devenir un véritable art rivalisant sans peine avec les vins et thés de ce monde.

ET LA SUITE?  UNE QUATRIÈME VAGUE?

La planète café tente de savoir - ou de définir - ce que sera la quatrième vague du café. Chez Barista, on croit que c’est de pouvoir offrir au consommateur tout ce qui pourrait lui être utile, de A à Z, s’il s’intéresse au café : formation et ateliers, torréfaction locale, le coffeeshop du coin, les accessoires, la machine, etc.

Ailleurs, certains parlent d’une attention encore plus grande qui sera portée aux détails. D’autres croient que la 4e vague réside dans la technologie (applications, avancées en torréfaction, etc.). D’autres encore imaginent une quatrième vague se consacrant à la consommation locale : oui, aller dans les coffeeshops indépendants et locaux, mais aussi choisir du café torréfié à proximité, du lait animal ou végétal canadien/québécois, et faire ses achats reliés au café auprès d’entreprises québécoises.

Sources pour la rédaction